États-Unis : tourisme en berne, Trump au coeur du malaise

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À l’heure où plusieurs indicateurs convergents signalent un nette baisse du tourisme français et européen vers les États-Unis1, Partir à New York a fait appel à l’Ifop pour interroger et comprendre les Français sur leur envie d’effectuer un voyage aux USA et, plus largement, sur leur ressenti à l’égard des États-Unis et de leur président, Donald Trump. Les résultats de l’étude mettent en évidence une hésitation marquée, alimentée à la fois par un climat politique américain jugé dégradé et, plus largement, par l’érosion de l’image du pays. Au centre de ces perceptions, la figure de Donald Trump cristallise une défiance nette et des jugements majoritairement négatifs. Cette distance se retrouve aussi dans le regard porté sur la politique française : l’idée d’un « modèle » trumpiste convainc peu. Entre rejet, réserves et comparaisons, l’enquête dessine le portrait d’un rapport à l’Amérique plus froid, plus critique et moins évident qu’auparavant.

POUR CITER CETTE ETUDE, IL FAUT UTILISER À MINIMA LA FORMULATION SUIVANTE :

Étude Ifop pour Partir à New York réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 15 au 16 janvier 2026 auprès d’un échantillon de 1 000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

LES ENSEIGNEMENTS DE L’ENQUÊTE

Le désamour pour les États-Unis s’installe, bien loin des années Obama

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Près d’un Français sur deux (46%) affirme ne pas souhaiter voyager aux pays d’outre-Atlantique.

Enquête IFOP Partir à New York : 46% des français n'aimeraient pas voyager aux USA

Cette donnée révèle une désaffection significative vis-à-vis d’une destination qui a pourtant longtemps été l’un des rêves d’évasion des Français. En termes touristiques, cela se traduit par une baisse réelle des intentions de voyage, confirmée par des agences qui observent un recul des réservations vers les circuits classiques (Californie, New York) et un report vers des alternatives proches comme le Canada ou le Mexique.

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Parmi eux, 59% disent que la politique menée par Donald Trump pèse dans leur décision.

Enquête IFOP Partir à New York : 59% des français ne souhaitent pas voyager aux Etats-Unis à cause de Trump

La politique nationale influence désormais les décisions de vacances — un phénomène nouveau dans le tourisme. Cette part élevée de Français qui intègrent la politique dans leur choix de destination peut s’expliquer par une perception des États-Unis comme étant moins accueillants ou plus hostiles aux étrangers. Une phénomène amplifié par l’exposition médiatique de mauvaises expériences aux contrôles frontaliers (qui sont pourtant rarissimes en proportion au nombre de voyageurs). Pour le tourisme, cela signifie que l’effet Trump compte autant que l’expérience voyage sur place, qui elle, reste très positive.

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La cote de sympathie du pays tombe à 22% en 2026, son niveau le plus bas depuis trente ans, contre 65% en 2010, sous la présidence de Barack Obama.

Derrière le recul du tourisme, une tendance plus profonde se dessine : l’image des États-Unis se dégrade nettement.

Enquête IFOP Partir à New York : Trump, président le plus impopulaire aux yeux des français

Une cote de sympathie aussi basse implique que « l’attrait » émotionnel pour la destination (ce qui pousse à acheter un billet ou rêver d’un road trip) est fortement affaibli. Cet affaiblissement se traduit concrètement par une croissance touristique américaine plus faible que la moyenne mondiale.

Donald Trump, l’incarnation de désamour

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Dans la lignée de cet « effet Trump », 81% des Français disent avoir une mauvaise opinion du président américain, soit deux points de plus qu’en 2025.

La popularité de Donald Trump en tant que président est en légère baisse depuis 2025.

Enquête IFOP Partir à New York : opinion de Trump en France

Au-delà de l’opinion politique, ce chiffre a un impact direct sur la perception de la destination : la figure du président cristallise l’opinion négative vis-à-vis du pays. Pour le voyageur, cela peut diminuer l’envie d’explorer la culture, la ville ou la nature d’un pays auquel il associe une image qu’il rejette.

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L’image du président américain continue de se dégrader, surplombée par des qualificatifs très largement négatifs : 86% des Français le jugent « agressif » et 82% « dangereux ». À l’inverse, ils ne sont que 23% à le dire « compétent » et 18% « proche des gens ».

Enquête IFOP Partir à New York : Trump jugé agressif

Pour le secteur du tourisme, cela signifie qu’une vraie communication rassurante sur l’expérience sur place, associée à des témoignages de voyageurs qui confirment une réalité différente du discours politique, devient essentielle pour inverser cette perception.

Une politique et une personnalité qui ne séduisent pas les français

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Seulement 21% pensent que les personnalités politiques françaises devraient davantage s’inspirer de Donald Trump

Interrogés sur l’idée que les responsables politiques français devraient davantage s’inspirer de Donald Trump, les Français restent largement réticents : 21% seulement sont d’accord avec ce propos.

Enquête IFOP Partir à New York : Trump, pas un modèle politique pour les français

Ce point n’est pas directement lié au voyage, mais il souligne une distance culturelle et idéologique entre l’opinion française et les valeurs que certains associent aux États-Unis. Cette distance contribue à renforcer l’idée que « voyager aux USA aujourd’hui, ce n’est pas seulement une affaire de tourisme », mais un acte qui peut être associé à des prises de position ou des valeurs sociétales.

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Éric Zemmour, le plus souvent indiqué comme le plus proche idéologiquement de Donald Trump (27%)

Son empreinte idéologique est néanmoins identifiée chez certaines figures françaises : Éric Zemmour est le plus souvent indiqué comme le plus proche de Donald Trump (27%), devant Marine Le Pen (24%) et Jordan Bardella (21%). Toutefois, signe de la distance perçue entre le président américain et la classe politique française, un Français sur cinq (21%) affirme qu’aucune personnalité politique ne peut être dite proche de Donald Trump.

Enquête IFOP Partir à New York : Zemmour identifié comme le plus proche idéologiquement de Trump

LE POINT DE VUE D’ANNE ET ANTOINE :

Un regard positif et constructif pour le tourisme vers les États-Unis

L’enquête Ifop met en lumière un malaise réel d’une partie des Français vis-à-vis des États-Unis, largement influencé par le contexte politique et l’image du président américain. Cette perception pèse aujourd’hui sur les intentions de voyage : pour certains, partir aux USA n’est plus un simple choix de destination, mais une décision symbolique.

Pour autant, il est essentiel de distinguer l’image politique d’un pays et l’expérience touristique vécue sur place. Les États-Unis restent l’une des destinations les plus riches et variées au monde : métropoles iconiques comme New York, grands parcs nationaux spectaculaires, diversité culturelle unique, infrastructures touristiques parmi les plus développées au monde. Ces atouts structurels ne disparaissent pas.

Par ailleurs, une part significative de Français continue d’exprimer le désir de découvrir ou redécouvrir le pays. Cela montre que l’attrait des États-Unis demeure puissant, malgré le contexte. Le défi pour le tourisme américain n’est donc pas un manque d’offre, mais un enjeu d’image et de réassurance.

Car au-delà des tensions politiques, voyager reste avant tout une rencontre avec un territoire, une culture et des habitants — et sur ce terrain, les États-Unis conservent un potentiel d’attractivité important.

Notre expérience récente à New York, en décembre 2025 / janvier 2026, va dans ce sens. Sur place, nous n’avons constaté aucune difficulté particulière aux contrôles d’immigration, ni ressenti de tension ou de changement d’attitude dans nos échanges avec les Américains rencontrés. L’accueil, l’ambiance et l’expérience touristique sont restés conformes à ce que nous connaissons depuis des années.

Ce constat, mis en perspective avec les résultats de l’enquête Ifop, montre que le recul actuel du tourisme vers les États-Unis relève davantage d’un boycott symbolique ou d’un choix de principe que d’un risque réel de mauvaise expérience sur place. Autrement dit, la perception semble aujourd’hui peser davantage que la réalité vécue par les voyageurs.

FICHE TECHNIQUE

Étude Ifop pour Partir à New York réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 15 au 16 janvier 2026 auprès d’un échantillon de 1 000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération.


1 Voir Corina Pons, « Fewer foreigners visited US in 2025 as global tourism spending rose », Reuters, 14 janvier 2026 ; Lauren Almeida, « Europeans shunning US as Emirates and Asia travel prove popular, says Tui »,The Guardian, 10 février 2026 ; Audrey Parmentier, « Tourisme en berne aux États-Unis : l’effet Trump fait chuter les visiteurs étrangers », L’Express, 8 février 2026.

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